La multirisque professionnelle (MRP) est le contrat socle de la plupart des entreprises disposant de locaux. Elle regroupe dans une seule police plusieurs garanties qui, prises séparément, coûteraient plus cher et laisseraient des trous de couverture.
Qu’est-ce que la multirisque professionnelle ?
La MRP est un contrat modulaire qui protège à la fois les biens de l’entreprise (bâtiment, aménagements, matériel, stocks) et sa responsabilité vis-à-vis des tiers. Elle s’adresse aux commerces, bureaux, ateliers, restaurants, professions libérales et PME qui exploitent un local, qu’il soit en propriété ou en location.
Contrairement à la RC Pro, qui couvre uniquement les dommages causés à autrui dans le cadre de l’activité, la MRP protège d’abord votre propre patrimoine professionnel.
Les garanties d’une MRP
Garanties de base
- Incendie et événements assimilés (explosion, foudre, fumées).
- Dégâts des eaux et gel des canalisations.
- Vol et vandalisme, avec conditions de protection des locaux.
- Bris de glace (vitrines, enseignes, baies).
- Événements climatiques et catastrophes naturelles.
- Responsabilité civile exploitation, pour les dommages causés aux tiers en dehors de la prestation elle-même.
Garanties complémentaires à étudier
- Perte d’exploitation : compense la baisse de chiffre d’affaires après un sinistre garanti, le temps de reprendre l’activité. C’est souvent la garantie la plus décisive et la plus sous-estimée.
- Bris de machines et matériel professionnel.
- Marchandises en chambre froide (restaurateurs, métiers de bouche).
- Protection juridique professionnelle.
Combien coûte une multirisque professionnelle ?
Le prix dépend principalement de la surface des locaux, de l’activité exercée, de la valeur des biens à assurer, de la localisation et des garanties retenues. Pour un petit commerce ou un bureau, la cotisation démarre généralement à quelques centaines d’euros par an ; elle augmente fortement avec la valeur du matériel, l’ajout de la perte d’exploitation et l’exposition aux risques (zone inondable, activité à risque incendie).
Plutôt que de comparer uniquement les tarifs, comparez les plafonds, franchises et exclusions : c’est là que se joue la qualité réelle d’un contrat.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Sous-évaluer le contenu : en cas de sinistre, une sous-déclaration entraîne l’application de la règle proportionnelle et une indemnisation réduite.
- Oublier la perte d’exploitation : reconstruire un local sans pouvoir payer ses charges pendant l’arrêt peut suffire à couler l’entreprise.
- Ignorer les conditions de protection vol (serrures, alarme) : leur non-respect peut faire tomber la garantie.
- Confondre MRP et RC Pro : ce sont deux contrats complémentaires, pas substituables.
MRP, RC Pro, décennale : comment s’articulent les contrats ?
La RC Pro couvre les dommages causés aux tiers dans le cadre de votre prestation. La décennale est obligatoire pour les métiers du bâtiment. La MRP, elle, protège vos locaux et votre activité. Selon votre métier, vous aurez besoin d’une ou de plusieurs de ces garanties : un courtier vous aide à éviter les doublons comme les angles morts.
Questions fréquentes
La multirisque professionnelle est-elle obligatoire ?
Non, la MRP n’est pas une obligation légale dans la plupart des cas. En revanche, un bail commercial impose souvent au locataire d’assurer le local, et certains franchiseurs ou donneurs d’ordre l’exigent contractuellement.
Quelle différence entre MRP et assurance RC Pro ?
La RC Pro indemnise les tiers pour les dommages liés à votre activité. La MRP protège d’abord vos propres biens (locaux, matériel, stocks) et votre exploitation. Elle inclut généralement une RC exploitation, mais ne remplace pas une RC Pro complète.
La perte d’exploitation est-elle incluse ?
Pas toujours dans les formules d’entrée de gamme. C’est souvent une garantie à activer expressément. Elle est pourtant déterminante pour les activités dépendant d’un local unique.